Glandu : « A la quête d’une thèse » ... un témoignage émouvant
C’est après une longue enquête et de très nombreuses démarches que nous avons pu rencontrer le THESARD Glandu, qui vit aujourd’hui retiré dans un laboratoire isolé, perdu au milieu de la forêt, un environnement, nous a-t-il confié, plus propice au développement de ses recherches (selon certaines sources, le THESARD Glandu travaillerait sur un turbo gzark à double bizbur intégré). Il a bien voulu retracer pour nous ses débuts au CEA.
« Le début, le début, voyons... Ah oui, ca y est, je me souviens. Ce fut un véritable parcours du combattant, durant lequel l’espoir faisait place à la désillusion, aussi brusquement que le battement des ailes des hirondelles d’Afrique... à moins que ce ne soit celles d’Asie ?
J’effectuais alors mon stage de fin d’études dans un labo du CEA. Impressionné par les installations, la compétence scientifique de mon entourage, la qualité des prestations du CEA, je me sentis lentement, mais irrésistiblement, poussé par cette force mystique qui envoya Lancelot du Lac à la poursuite du Saint Graal (à moins que ce ne soit de Guenièvre) : La Recherche .
Je repris rapidement conscience. Comment, moi, simple écuyer, euh... simple étudiant pouvais-je me hisser à la cime d’une telle montagne et faire partie de cette élite ? Je ressentis soudain les affres d’un doute, et j’envisageais déjà une longue retraite dans le désert pour méditer sur cette question, quand, soudain, ce fut l’illumination. Bon sang, mais bien sûr ! J’allais obtenir à la fin de mon stage un DEA, donc l’accès direct à une thèse, un travail de Recherche ! Oui, vous dis-je, vous avez entendu, un vrai travail de chercheur !
Un vent de liberté chargé d’espoir balaya le ciel obscur de tantôt pour laisser place à une éclaircie radieuse... mais il s’essouffla rapidement. En effet, les multiples stations de ce chemin qui devait me conduire au statut tant envié de Thésard (comment obtenir une thèse ? Où trouver un sujet, un responsable, un directeur de thèse ? Où trouver un dossier de candidature ? A qui s’adresser ?) allait désormais constituer ce que je n’hésiterais pas à nommer Ma Quête.
Je ne réalisais pas encore combien cette aventure serait semée d’embûches, combien il faudrait que je montre de détermination. Encore gonflé à bloc par ma décision, je m’emparais donc de mon épée et de mon bouclier, euh de mon stylo et d’un simple bloc de papier et, rassemblant mon courage à deux mains j’entamais ce qui devait être une course haletante vers un seul but : la Thèse.
Très rapidement, j’acquit la conviction que les thèses ne tombaient pas du ciel, les cigognes étant déjà assez occupées par les bébés. Ce fut le début d’une longue période de découragement, durant laquelle j’errais sur le centre, solitaire et sans but, traînant mon âme en peine lorsqu’au détour d’un couloir, je le rencontrais. Je reconnus tout de suite sa silhouette, de son visage émanait une sagesse infinie et je n’eus aucun doute : je me trouvais en présence d’un Thésard. alors, comme par magie, tout me semble redevenir possible. Je l’écoutais parler de longues minutes, n’osant l’interrompre qu’à de rares occasions. Il utilisait un langage étrange et probablement magique que seuls les initiés pouvaient comprendre, plein de INSTN, CFR, BDCR et autres BDCI... puis il me tendit un ouvrage et me dit : « Ce Druide sera ton fidèle compagnon de route. A chaque question, la réponse il t’apportera. A chaque hésitation, tes pas il guidera. Va sans te décourager, et Thésard peut-être tu deviendras ». J’en frissonne encore !
A partir de cet instant, tout semble aller très vite. Je fis part à mon responsable de stage de mon désir d’entreprendre une thèse. Touché par mon enthousiasme débordant, il me proposa un sujet et accepta de me parrainer, euh non, d’être mon responsable. Il s’agissait maintenant de me procurer un dossier de candidature. J’apprit qu’une Dame Triantaphylides sise au bâtiment 101 en possédait. Tudieu, me dis-je aussitôt, voilà une occasion à ne pas laisser passer. Je me précipitait à son bureau, tel Hermès[1] aux pieds ailés, ce qui faillit me conduire droit chez Hadès[2], tant fut grand mon désarroi devant la multiplicité des contrats de thèse. Mais sur les conseils avisés de Dame Triantaphylides et aux précieuses informations de mon druide (qui ne me quittait plus... le Druide bien sûr), j’optais pour un Contrat de Formation par la Recherche (CFR).
Ce choix était important, comme je pus m’en rendre compte par
Il ne nous restait plus qu’a prendre congé, le remerciant pour ces quelques instants qu’il avait bien voulu nous consacrer. A peine avions-nous fait quelques pas que retentissait de nouveau des bruits mystérieux venus de derrière les hauts murs de son laboratoire : « bon, à qui la donne ? ... »
(à lire en voix off, SVP) :
- le 24 mars 1990, Glandu envoie son dossier de candidature à l’adresse indiquée.
- le 28 mai 1990, la commission d’attribution des Contrats de Formation par la Recherche émettait un avis favorable à sa candidature sous réserve de l’accomplissement des formalités administratives et médicales d’usage (mais ceci est une autre histoire).
- le 7 juin 1990, il recevait cette réponse de l’INSTN : « J’ai le plaisir de vous faire savoir que votre demande de Contrat de Formation par la Recherche du Commissariat à l’Energie Atomique a été accepté... »
- le 6 septembre 1990, Glandu était adoubé THESARD en signant son contrat.
- le 15 octobre 1990, Glandu adhérait à l’ASTHEC, concluant ainsi sa fabuleuse Quête qui, plus tard, inspirait le célèbre jeu qui fait encore fureur sur nos plages : « la Quête de
[1] Dieu des voyageurs
[2] Dieu des morts
[3] Pulvérisant à cette occasion le vieux record de N. DUPONT (avec un T) qui datait de 1967 et qui était de 12 jours, 23 heures et 54 minutes.
[4] Etre armé chevalier

config
logs
7911.6 KB
213 ms
7



